Le vendredi 16 septembre 2026 (8h30-10h30), Bâtiment Bergès, salle D 104, le séminaire d’histoire de la langue française assuré par Fleur Vigneron aura le plaisir d’accueillir Zinaïda Geylikman (EA STIH, Sorbonne Université) pour la conférence suivante : « Le français à travers les siècles: standardisation, variation et innovation ». Entrée libre, pas d’inscription.
Pour la cinquième séance de notre séminaire dédié cette année à la thématique de l’apprentissage, nous aurons le plaisir d’accueillir Angela Cossu, Maîtresse de conférences en langue et littérature latines à l’Université Grenoble Alpes, pour son intervention “Bien apprendre l’accent latin du IXe au XIIe siècle”, le mardi 21 avril à 17h30 Bâtiment Stendhal (salle C307) et en ligne sur Zoom (code secret : 724290).
En voici le résumé :
Comment savoir au Moyen Âge où tombe l’accent sur un mot latin ? Pour les élèves et les maîtres, la question n’avait rien d’évident : le latin n’était plus une langue vivante et les repères naturels de prononciation s’étaient progressivement effacés depuis l’Antiquité tardive. Or, la maîtrise de l’accentuation ne relevait pas seulement de la performance orale : il s’agissait d’une condition essentielle pour comprendre les textes, les lire à haute voix et surtout composer des vers corrects.
Face à cette difficulté, les maîtres médiévaux développèrent des méthodes pragmatiques. Plutôt que de s’en remettre exclusivement à des règles abstraites héritées de la tradition grammaticale antique, ils élaborèrent des recueils de vers sélectionnés et ordonnés à des fins didactiques. Ces ensembles, les florilèges prosodiques, offraient aux élèves un corpus d’exemples permettant d’observer, de mémoriser et d’intérioriser les schémas de scansion prosodique du latin.
Ces compilations, diffusées et adaptées dans les milieux scolaires à partir du haut Moyen Âge, témoignent d’un enseignement fondé sur la pratique et la mémoire. Elles mettent également en lumière la fonction structurante de la poésie dans la formation linguistique : apprendre le latin, c’était d’abord apprendre à en entendre et à en reproduire la musicalité. En suivant la trace de ces outils pédagogiques jusqu’au XIIe siècle, nous verrons ainsi se dessiner un réseau dynamique de transmission des textes et des savoirs, où la tradition antique est sans cesse réinterprétée pour répondre aux besoins de l’école médiévale.
Dans le cadre de l’exposition “Premiers livres imprimés” organisée à la Bibliothèque Municipale de Grenoble et de la 3e séance du séminaire MAiGRE “Bien dire et bien aprandre : l’apprentissage au Moyen Âge”, nous aurons le plaisir d’écouter la conférence d’Émilie Demouselle : “Comment jardine-t-on à la fin du Moyen Âge ?“. Rdv à 18h, vendredi 6 février 2026, BM de Grenoble (12, boulevard Maréchal Lyautey 38021 Grenoble).
Doctorante en langue et littérature françaises médiévales à l’Université Grenoble Alpes, Émilie Demouselle travaille sur les premiers traités d’agriculture écrits en français à la fin du Moyen Âge. Entre un contenu parfois surprenant et les traces d’un usage effectif de ces traités, la présentation aura pour objectif de proposer une rencontre avec les jardiniers et l’art des jardins d’il y a cinq siècles.
L’entrée est libre dans la limite des places disponibles.
Le colloque “Les Rhétoriqueurs à la rencontre de l’Italie”, co-organisé par Paola Cifarelli (Università di Torino), Ellen Delvallée (Litt&Arts, CNRS/Univ. Grenoble Alpes, ANR RhéF-R) et Anne Schoysman (Università di Siena), se déroulera en janvier 2027, à Turin, où nombre de Rhétoriqueurs, de La Vigne à Lemaire ou à Marot, ont séjourné. Les propositions de communication, comprenant un titre et un résumé d’environ 200 mots, sont à envoyer à Ellen Delvallée (ellen.delvallee@univ-grenoble-alpes.fr) d’ici le 31 mai 2026.
L’atelier médiolatin se réunit trois fois par an et se consacre à l’étude et à l’édition de textes latins, dans le but de partager les progrès méthodologiques et les résultats de la recherche en philologie latine médiévale. La première séance de 2026 se tiendra le samedi 31 janvier au Campus Condorcet (Paris – Aubervilliers), Bâtiment de recherche Nord, salle 2.001 (9h30-13h00). Interviendront :
Giacomo Evangelisti (Sapienza Università di Roma) : La Vita Radegundis de Baudonivie : pour une nouvelle édition critique
Chiara Bellaveglia (Sapienza Università di Roma) : Manuscrit unique, fragments et réécritures. L’établissement du texte des Annales Mettenses Priores
Pour notre première séance de l’année civile et notre deuxième séance de l’année universitaire, nous aurons le plaisir d’accueillir Gianluca Di Teodoro, doctorant en Sciences Linguistiques, Philologiques et Littéraires, pour explorer le « didactisme bref » du Conte de Poitiers, le jeudi 29 janvier à 17h30 Bâtiment Stendhal (salle C307) et en ligne sur Zoom.
En cotutelle entre l’Université de Padoue et l’Université Grenoble Alpes sous la direction d’Alvaro Barbieri et de Fleur Vigneron, Gianluca Di Teodoro consacre sa thèse à La femme vertueuse calomniée : fonctions et significations d’un motif traditionnel dans la littérature en langue d’oïl, à partir du Conte de Poitiers, avec édition critique et traduction italienne du texte.
Le conte de Potiers est un roman picard du XIIIe siècle dont l’intrigue ne fait que réactualiser le motif traditionnel de la femme injustement accusée d’adultère. Le texte, qui appartient au« Cycle de la Gageure » (selon la formule rendue célèbre par Gaston Paris), se caractérise également par une tonalité didactique et moralisatrice prononcée. L’objectif de cette intervention sera précisément d’étudier la nature édifiante du récit, à la fois à travers l’étude de passages spécifiques du texte et à travers des considérations plus larges relatives au témoin manuscrit (ms. Arsenal 3527) et à la diffusion médiévale du motif structurant le roman.
Au plaisir de vous y retrouver nombreuses et nombreux !
Dans le cadre de la préparation à l’agrégation, nous accueillerons à Grenoble la chercheuse Anne Paupert pour une conférence intitulée “L’amour au féminin dans Cligès de Chrétien de Troyes” (Bâtiment Stendhal, salle A105, 11h).
Anne Paupert est maîtresse de conférences émérite à l’Université Paris Cité (laboratoire Cerilac), spécialiste de littérature médiévale et co-fondatrice du groupe de recherche LIMA.GE centré sur la littérature du Moyen Âge et le genre, créé en 2019. Ses travaux de recherche portent principalement sur la parole au féminin dans la littérature médiévale. Elle est en particulier l’éditrice et la traductrice du Livre de la Cité des Dames de Christine de Pizan. Elle a aussi traduit La Vision de Christine ainsi que les Évangiles des Quenouille.
Le vendredi 19 décembre 2025 (10h30-12h30), bâtiments Stendhal (salle A 103), le séminaire “Littérature et culture médiévales” assuré par Fleur Vigneron aura le plaisir d’accueillir Jean-Pierre Devroey (professeur émérite d’histoire médiévale, Université libre de Bruxelles, membre de l’Académie royale de Belgique) pour la conférence suivante : « Déchiffrer la grêle et le tonnerre. Le De grandine et tonitruis d’Agobard de Lyon, vers 810 ». Entrée libre, pas d’inscription.
Dans le cadre du séminaire “Littérature et culture médiévales” de Fleur Vigneron (entrée libre, bâtiment Stendhal, salle A 103), la séance du 12 décembre 2025, 10h30-12h30 sera consacrée à “Traduire la science médiévale en français moderne”, avec la participation de Joëlle Ducos (Sorbonne Université) et avec Jean-François Kosta-Théfaine pour sa traduction du Traité de l’art de bergerie de Jean de Brie (Paris, Belles Lettres, 2025, coll. “La roue à livres”).
L’équipe de recherche MAiGRE (Moyen Âge interdisciplinaire à Grenoble) est ravie de vous inviter à la conférence inaugurale du séminaire “Bien dire et bien aprandre : l’apprentissage au Moyen Âge”, le jeudi 11 décembre à 17h30, bâtiment Stendhal, Salle C307 et en ligne (code secret : 724290)
Nous aurons le plaisir d’accueillir Monica Balda-Tillier, MCF HDR à l’université Grenoble-Alpes, affiliée au LUHCIE. Ses intérêts de recherches se concentrent sur la prose et poésie amoureuse arabe prémoderne et, plus récemment, sur l’écriture de soi. Son intervention portera sur “La conception et les règles de l’amour profane auprès des Arabes dans les traités d’amour” dont voici le résumé :
L’arrivée de l’islam dans la péninsule arabique a causé un changement progressif des valeurs dans la conception de l’amour profane, qui se reflète sur la poésie amoureuse et l’élaboration des récits en prose contenant les histoires des amants chastes.
La passion absolue que ces amants vouent à une créature de ce bas monde enfreint les la doctrine islamique en se présentant comme concurrent de l’amour divine et en remettant en question les règles de la vie en société par sa connotation d’excès. L’exigence d’endiguer cette émotion et son expression littéraire ont donné naissance au genre littéraire des traités d’amour, qui théorisent les préceptes de l’amour « courtois » et l’encadrent par des codes de comportement à suivre. Une quinzaine nous sont parvenus, sur une période allant du IXe au XVIIe siècle. L’intervention retracera la naissance de ce genre littéraire et son insertion dans la pensée islamique.
Au plaisir de vous voir nombreuses et nombreux le 11 décembre !
Vendredi 5 décembre à 13h30, Ariane Pinche, chargée de Recherche CNRS – CIHAM (Histoire, Archéologie et Littératures des mondes chrétiens et musulmans médiévaux) interviendra dans le cadre du Séminaire IDL sur “Les sources manuscrites, l’intelligence artificielle et le médiéviste”.
La conférence aura lieu en format hybride, à l’UGA en Amphi 2 Bâtiment Stendhal et en ligne.
L’intelligence artificielle transforme en profondeur l’accès et l’étude des sources manuscrites médiévales. Grâce à l’automatisation de la transcription (HTR/ATR), les textes deviennent disponibles plus rapidement et à plus grande échelle. Mais cette accélération oblige à reconsidérer la valeur scientifique de chaque étape d’établissement : loin de reléguer la philologie au second plan, ces outils redéfinissent la transcription comme un véritable objet épistémique, dont dépend toute la chaîne de traitement ultérieure. Dans cette continuité, l’annotation linguistique – qu’il s’agisse de lemmatisation, d’étiquetage morphosyntaxique ou de reconnaissance des entités – ajoute une dimension essentielle, en ouvrant la voie à de nouvelles formes d’interrogation et d’analyse impossibles manuellement. La conférence proposera ainsi une réflexion sur ces évolutions et leurs enjeux, à la croisée des humanités numériques, de la linguistique et de la médiévistique.
Ce colloque, organisé par Ellen Delvallée et Pascale Mounier, abordera la tension de la lyrique vers le récit à partir de la disposition des recueils, touchant à des aspects essentiels de la poétique des genres, de l’histoire littéraire, de l’histoire des idées et de l’histoire du livre.
Lyrique et narration ne vont pas de pair. Dire des émois et raconter des faits s’opposent autant que le morcellement et la continuité : l’expression du surgissement d’un sentiment et la description des effets psychologiques, physiques ou moraux d’une situation amènent à segmenter le texte en unités, tandis que le fait de composer un récit demande de mettre en ordre et de lier, selon une vitesse particulière, des épisodes. La lyrique a une affinité particulière avec l’écriture en vers, qui repose elle-même sur le découpage en parties. La narration s’acclimate pour sa part bien à la prose, ce que confirme le fait qu’elle s’est aisément convertie à cette forme d’écriture à partir du XIIIe siècle. Elle étoffe en outre la situation d’énonciation plus ou moins dépouillée du je lyrique par la construction d’un univers spatial et temporel et de personnages agissants et parlants.
L’opération d’agencement de pièces en vers dans un recueil atténue néanmoins la disparité des deux genres. Lorsqu’elle se lit dans le temps et l’espace allongés du recueil, la poésie de forme brève tend vers une unité supérieure. Des effets de suture se produisent, reposant sur des récurrences dans le type des poèmes, la situation de la prise de parole ou l’objet du discours. Des spécialistes du Moyen Âge ou de la Renaissance soulignent ainsi communément la présence d’effets narratifs dans des ensembles lyriques variés.
L’enquête porte sur une tranche de l’histoire des formes lyriques qui va des dernières décennies du XIVe siècle, où se produit un mouvement massif de mise en recueil de la poésie lyrique et où s’instaure le principe de la projection de l’auteur dans une fiction (J. Cerquiglini), à la période 1530-1560, qui voit l’avènement du recueil d’auteur, où l’amant s’identifie au poète (C. Alduy). Elle envisage tous les types de recueils présentant globalement ou localement une dimension narrative, quels que soient leur support (manuscrit ou imprimé), l’unicité ou la pluralité des auteurs (recueils d’auteur ou anthologies) et l’homogénéité ou l’hétérogénéité formelle des poèmes (une ou plusieurs formes employées). Elle ne se limite pas à la thématique amoureuse, même si l’amour semble être le sujet le plus fréquent, pour des raisons qui pourront d’ailleurs faire l’objet d’hypothèses.
Aborder la tension de la lyrique vers le récit à partir de la disposition des recueils est susceptible de toucher à des aspects essentiels de la poétique des genres, de l’histoire littéraire, de l’histoire des idées et de l’histoire du livre. Comment s’articulent les poèmes et le récit ? En quoi les recueils de pièces lyriques des XVe et XVIe siècles se prêtent-t-ils particulièrement à des procédures de mise en récit ? Que révèlent ces procédures de la conception de la poésie alors, à savoir son évolution, sa patrimonialisation et les pratiques d’écriture et de consommation à son sujet ?
Le colloque sera accompagné d’un spectacle grand public réalisé par les étudiant·es de Licence et Master de lettres, consistant en une mise en voix de séquences de textes poétiques des XVe et XVIe siècles. “L’Amphi de plaisance. Vivre l’amour avant les réseaux” se tiendra dans le même amphithéâtre et sera suivi d’un échange entre les organisatrices, conférenciers et étudiants présents. L’entrée est libre : enseignants, étudiants et autres curieux sont les bienvenus !
Cet événement est organisé dans le cadre de l’ANR RhéF-R (ANR-24-CE54-0048).
Dès les IIIe-IVe siècles, la sensibilité des latinophones à la quantité des syllabes s’était progressivement perdue. La connaissance de la prosodie étant cruciale pour la lecture et la composition en latin, les médiévaux conçurent la solution des florilèges prosodiques, des recueils fonctionnels à l’apprentissage, composés de vers latins tirés des auteurs scolaires (Virgile, Ovide, Perse, Juvénal Stace, Prudence, etc.). Instruments à la fois d’enseignement et d’apprentissage, ces florilèges ont été transmis en plusieurs recueils différents à partir du IXe siècle. Cette intervention a pour but leur exploration jusqu’au XIIe siècle, afin d’éclairer la circulation des poètes classiques au Moyen Âge, tout en mettant en lumière les réseaux de la tradition du texte et les pratiques culturelles liées à la poésie.
Angela Cossu, docteure en études latines (2015-2019, EPHE-PSL / Università di Pisa), ancienne membre de l’École française de Rome (2019-2022) et chargée de recherche FNRS à l’université de Namur (2024-2025), mène des recherches sur la tradition manuscrite des classiques latins, en particulier au prisme des florilèges médiévaux latins et de l’histoire des bibliothèques. Elle est actuellement maîtresse de conférences en langue et littérature latines à l’Université Grenoble Alpes, rattachée au laboratoire Litt&Arts et correspondante scientifique de l’IRHT-CNRS.
Les membres de MAiGRE ont le plaisir de vous communiquer l’argumentaire du séminaire doctoral mensuel pour l’année universitaire 2025-26 consacré à la de l’apprentissage au Moyen Âge (programme à venir).